le marin manqué

1. Disposition numéro 2

(à haute voix)

Le feutre protège la gouache de Curtis Putralk. Arrivé le jeudi, l’enveloppe a été mis dans un sac noir en exercice d’attente : cahier, journal, guide, partition : « prends la première à droite, puis marche cent cinquante mètres, où seras-tu ? dans mon cœur. » L’anecdote est la clé de toute expérience chez Curtis. La gouache n’est que la confirmation du mot ci-dessus chiffré lorsque

le destinataire est immobile sur la Plattenstrasse. On peut appeler le dessin le marin manqué ; celui enfant pulcinella qui aime manger, boire, et prendre des douches interminables,

il regarde les pieds dans un manque d’attention. Qu’est qu’ils sont petits ! et pourtant il est debout en faisant le déséquilibre vital pour marcher :
oh marin manqué, où vas-tu, quelle est ta précédence ? Es-tu pressé ? As-tu un moment pour écouter un peu l’inconnu, l’inconnue

en chant de sirène ? elle prendra le même bateau, même s’ils sont assez nombreux, les inconnus,
ils parlent l’autre langue, le espagnol, l’allemand. Combien de langues parles-tu, marin manqué ? Fais-tu des fautes ou dresses-tu la grammaire expérimentale, celle que ta grand-mère t’appris. Allez, dis-nous l’« après-midi » est-il masculin
ou féminin, il faut que tu dises tout va se bien passer. L’après-midi hermaphrodite dépend donc de sa fin (pour quoi « donc » ?) le soleil, ein Sonnenstrahl.

« Und mein Name ist nicht Sonnenstrahl » néanmoins ils ne savent pas ton nom, marin manqué. Il savent à peine distinguer un chien d’un poète.

Eduardo Jorge de Oliveira